L'assurance-vie propose deux grandes catégories de supports : le fonds en euros, à capital garanti par l'assureur, et les unités de compte (UC), exposées aux marchés financiers ou immobiliers. Le bon dosage dépend de l'horizon, du profil de risque, du patrimoine global et des autres revenus.

Le fonds en euros aujourd'hui

Le fonds en euros offre une garantie en capital nette de frais de gestion. Investis essentiellement en obligations souveraines et d'entreprises, complétés par une part d'actions et d'immobilier, ces fonds servent un rendement réglementaire chaque année. Après une décennie 2010-2020 marquée par la baisse continue des taux, le contexte 2023-2026 a permis une remontée significative.

En 2025, les meilleurs fonds en euros ont servi entre 3 % et 3,8 % nets de frais de gestion. Ce niveau, supérieur à l'inflation, redonne un intérêt réel au support pour la part prudente du patrimoine. Attention toutefois aux écarts entre contrats : un fonds à 1,8 % chez un assureur et 3,5 % chez un autre représente un écart cumulé de 35 % à 40 % sur 20 ans.

Unités de compte : potentiel et risque

Les UC permettent d'investir dans une grande variété de supports : ETF actions, fonds actifs, fonds obligataires, SCPI, OPCI, fonds structurés, private equity. La performance dépend des marchés et des choix d'allocation. Sur 20 ans, un portefeuille équilibré (50 % actions internationales, 30 % obligations, 20 % immobilier) a généré historiquement entre 5 % et 7 % bruts annualisés.

Le risque est réel : sur une année donnée, les UC peuvent perdre 20 % à 40 % avant de rebondir. Le profil ne convient donc qu'à un horizon de 8 ans minimum. En dessous, mieux vaut privilégier le fonds euros ou un mix prudent.

Définir une allocation cohérente

L'allocation cible se construit en trois étapes. 1. Définir l'horizon : 5 ans, 10 ans, 20 ans ? L'horizon long autorise plus de risque. 2. Évaluer la tolérance au risque : pourriez-vous accepter une baisse de 30 % temporaire sans paniquer ? 3. Vérifier la cohérence avec le patrimoine global : votre épargne de précaution est-elle déjà constituée par ailleurs ?

ProfilAllocation indicative
Prudent (horizon court)80-100 % fonds euros, 0-20 % UC obligataires/SCPI
Équilibré (10-15 ans)40-50 % fonds euros, 50-60 % UC diversifiées
Dynamique (15-25 ans)10-30 % fonds euros, 70-90 % UC actions/immobilier

Gestion libre, gestion conseillée, gestion pilotée

La gestion libre laisse l'épargnant choisir et arbitrer ses supports : flexibilité maximale, mais exigence de suivi. La gestion conseillée propose des recommandations sans automatisme. La gestion pilotée délègue les arbitrages à l'assureur ou à un gérant selon un mandat (prudent, équilibré, dynamique), souvent contre des frais additionnels de 0,2 % à 0,8 % par an.

Pour la majorité des épargnants sans appétence pour le suivi régulier, la gestion pilotée à profil offre un bon rapport qualité-prix. Pour les patrimoines importants ou les épargnants suivis, la gestion libre permet d'optimiser frais et choix.

Cas pratique : trois profils, trois allocations

L'allocation entre fonds euros et UC dépend de l'horizon, de la tolérance à la volatilité et de l'objectif. Voici trois profils représentatifs avec une simulation chiffrée à partir d'un versement initial de 50 000 €, hypothèses : fonds euros 2,5 % nets / an, UC diversifiées 5,5 % nets / an long terme, durée 15 ans.

Profil 1 — Épargnant prudent, 60 ans, projet retraite

  • Allocation : 80 % fonds euros / 20 % UC
  • Rendement moyen pondéré : 3,1 %
  • Capital final estimé sur 15 ans : ~78 800 €

Profil 2 — Épargnant équilibré, 45 ans, horizon mixte

  • Allocation : 50 % fonds euros / 50 % UC
  • Rendement moyen pondéré : 4,0 %
  • Capital final estimé : ~90 000 €

Profil 3 — Épargnant dynamique, 35 ans, capitalisation longue

  • Allocation : 20 % fonds euros / 80 % UC
  • Rendement moyen pondéré : 4,9 %
  • Capital final estimé : ~102 600 €

L'écart entre profil prudent et profil dynamique sur 15 ans : ~24 000 € sur 50 000 € initiaux. La contrepartie : pour le profil dynamique, des phases intermédiaires de baisse de 20 % à 30 % du capital sont statistiquement probables. La capacité à ne pas vendre en panique pendant les corrections est aussi déterminante que l'allocation initiale.

Sécuriser progressivement avant un projet

Une règle simple : 2 à 3 ans avant un besoin de capital identifié (achat immobilier, donation, transmission), basculer progressivement les UC vers le fonds euros par arbitrages internes. Cela cristallise la performance acquise et évite qu'une correction de marché juste avant le projet ne ruine le calcul.

L'arbitrage se fait gratuitement et sans imposition tant que les sommes restent dans le contrat. C'est l'un des avantages structurels de l'enveloppe assurance-vie par rapport au compte-titres ordinaire.

Conclusion : opposer fonds euros et unités de compte est un faux débat. Une assurance-vie efficace combine les deux dans une proportion adaptée à l'horizon et au profil. Sur 15 à 25 ans, une allocation 30 % fonds euros / 70 % UC diversifiées surperforme statistiquement une allocation 100 % fonds euros, malgré la volatilité intermédiaire. Pour les phases de besoin court terme (achat immobilier prévu, financement d'études), basculer vers le fonds euros 2 à 3 ans avant l'échéance sécurise la performance acquise. Cette logique d'arbitrage progressif dans le temps est l'un des grands intérêts de l'assurance-vie multi-supports, à condition de bénéficier d'un contrat de qualité avec un référencement large et des frais maîtrisés.

Questions fréquentes

Quel rendement attendre du fonds euros en 2026 ?

Les anticipations 2026 dépendent de la trajectoire des taux obligataires. Les meilleurs fonds en euros pourraient servir entre 2,8 % et 3,5 % nets de frais. Les fonds bas de gamme resteront proches de 1,5-2 %. La qualité du contrat fait l'écart sur la durée.

Doit-on basculer entièrement en fonds euros à l'approche de la retraite ?

Pas nécessairement. Si la retraite couvre 25 ans, une part d'UC reste cohérente pour préserver le pouvoir d'achat face à l'inflation. Une bascule progressive (par exemple 70/30 UC/euros à 60 ans, 50/50 à 70 ans, 30/70 à 80 ans) lisse le risque sans renoncer au rendement long terme.

Les arbitrages sont-ils taxés ?

Non. À l'intérieur d'un contrat d'assurance-vie, les arbitrages entre supports (fonds euros vers UC, ou inversement) ne déclenchent aucune fiscalité. C'est un avantage majeur par rapport à un compte-titres ordinaire.

Combien de contrats d'assurance-vie faut-il détenir ?

Au minimum un, ouvert tôt pour l'antériorité fiscale. Pour optimiser la transmission, plusieurs contrats avec des bénéficiaires différents peuvent être pertinents. Détenir 2 à 3 contrats permet aussi de diversifier les assureurs et d'éviter le risque de défaillance d'un seul opérateur.

La fiscalité après 8 ans est-elle vraiment favorable ?

Oui, et c'est l'avantage clé du contrat. Après 8 ans, les rachats bénéficient d'un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les gains, puis d'une imposition réduite à 7,5 % (au lieu de 12,8 %) jusqu'à 150 000 € de versements. La transmission reste un autre atout fort, indépendant de l'âge du contrat.