Un exemple concret.
Marc, 47 ans, chirurgien-dentiste libéral, déclare 140 000 € de BNC. Il a souscrit un contrat Madelin en 2012, lors de son installation, à une époque où il déclarait 60 000 €. Le contrat n'a jamais été révisé. Sur le papier, il est protégé : indemnités journalières, invalidité, décès. En pratique, le jour où il s'arrête trois mois pour une opération du dos, il constate que ses IJ couvrent 110 € par jour, alors que son revenu net mensuel est de 8 000 €. Le cabinet continue de fonctionner — mais son revenu personnel chute brutalement.
Ce cas est fréquent dans les dossiers que nous traitons. Un contrat Madelin signé une fois et laissé sans révision devient mécaniquement inadapté à mesure que le revenu progresse. L'audit consiste à confronter chaque garantie au revenu d'aujourd'hui et aux charges fixes du foyer.
Les leviers que nous activons à vos côtés
1. La prévoyance Madelin, recalibrée sur votre revenu réel
La prévoyance Madelin couvre, en un seul contrat, les indemnités journalières (en cas d'arrêt), la rente d'invalidité (totale ou partielle), le capital décès, la rente de conjoint et la rente d'éducation. Chaque garantie se chiffre sur votre revenu professionnel net actuel et sur la composition de votre foyer. La bonne approche consiste à viser un maintien de revenu après une franchise courte (généralement 15 à 30 jours, parfois 7 jours pour les indépendants à charges fixes lourdes). À l'audit, nous examinons en priorité la définition contractuelle de l'invalidité (catégorie professionnelle, fonctionnelle, ou les deux), les exclusions médicales, et la cohérence entre les garanties — un contrat qui prévoit 8 000 € de capital décès pour un foyer avec deux enfants ne correspond à aucun besoin réel.
2. Les frais généraux professionnels
Souvent négligés, les frais généraux couvrent les charges fixes de votre cabinet ou de votre activité (loyer, salaires, fournitures, charges sociales) pendant un arrêt. Pour un médecin avec un cabinet, un avocat avec une assistante, un commerçant avec un local, ce contrat est aussi important que la prévoyance personnelle : il évite que les coûts de fonctionnement n'épuisent la trésorerie pendant votre rétablissement. Nous l'étudions systématiquement dès qu'il existe une structure professionnelle avec des charges fixes mensuelles supérieures à 3 000 € hors rémunération.
3. Le PER individuel, votre meilleur outil de défiscalisation
Pour un TNS, le PER bénéficie d'un plafond de déduction spécifique : 10 % du bénéfice professionnel dans la limite de huit fois le PASS, plus 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre un et huit PASS, soit jusqu'à environ 87 000 € de versement déductible par an pour un revenu élevé. Reportable trois ans. À 41 % de TMI, chaque euro versé procure 41 centimes d'économie d'impôt immédiate. Mais comme pour le cadre, la décision se chiffre sur le couple « économie aujourd'hui » / « impôt à la sortie » : nous le simulons sur quinze ans pour arbitrer entre PER, assurance-vie et autres enveloppes.
4. La mutuelle Madelin (ou pas)
Une mutuelle santé Madelin permet de déduire les cotisations du revenu professionnel, mais impose des contraintes (cotisations régulières, contrat « responsable et solidaire »). Selon votre TMI, votre âge et la composition du foyer, une mutuelle non-Madelin peut être plus pertinente : moins coûteuse hors avantage fiscal, plus souple. La comparaison se fait au cas par cas, en examinant le taux d'effort net après impôt.
5. L'assurance-vie, complémentaire et non concurrente du PER
L'assurance-vie reste indispensable pour la liquidité (le PER est bloqué jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé), pour la souplesse fiscale après huit ans, et pour la transmission hors succession. Pour un TNS, l'équilibre type consiste à saturer le plafond utile du PER pour réduire l'impôt, puis à alimenter l'assurance-vie pour conserver une poche disponible et transmissible. Les deux enveloppes ne s'opposent pas, elles se complètent.
6. L'articulation pro/perso
Le statut juridique (BNC, EURL, SELARL, SARL), le régime matrimonial, l'organisation de la rémunération (salaire/dividendes pour un gérant majoritaire) influencent directement votre fiscalité, votre protection sociale et votre patrimoine. Un changement de statut bien pensé peut générer une économie de plusieurs milliers d'euros par an et modifier sensiblement la couverture sociale. Nous travaillons systématiquement avec votre expert-comptable sur cette articulation.
Le piège classique : un contrat Madelin signé à l'installation, jamais relu.
La majorité des contrats que nous auditons nousons été signés au moment de l'installation, avec des garanties calibrées sur un revenu de débutant. Cinq, dix ou quinze ans plus tard, le revenu a doublé, voire triplé, mais les garanties sont restées identiques. Le sous-dimensionnement est invisible jusqu'au sinistre — et à ce moment-là, il n'est plus possible de corriger. Un audit de prévoyance tous les trois à cinq ans, ou à chaque évolution significative du revenu, constitue le minimum que nous recommandons.
Vos questions, nos réponses
| Votre question | Notre lecture |
|---|---|
| Quel niveau d'IJ viser ? | L'objectif est de maintenir le revenu professionnel net après une franchise courte. Si vous gagnez 8 000 € net par mois, vos IJ doivent vous rapprocher de ce montant après les 7 à 30 premiers jours d'arrêt. En dessous de 70 % du revenu net, vous serez en difficulté en cas d'arrêt long. |
| Madelin ou non-Madelin ? | Le Madelin est déductible mais impose une sortie en rente sur la partie retraite et des cotisations régulières. Hors Madelin, vous gagnez en souplesse mais perdez la déduction. Pour un TNS à TMI 41 % avec besoin de défiscalisation, le Madelin reste avantageux. Pour un revenu plus modeste ou irrégulier, le dispositif hors Madelin peut convenir. |
| Comment lire un contrat existant ? | Quatre points décisifs : la définition contractuelle de l'invalidité (catégorie professionnelle est la plus protectrice), le mode de calcul des prestations (forfaitaire vs indemnitaire), les exclusions médicales, et la durée de franchise. Un contrat avec une définition fonctionnelle stricte peut refuser une indemnisation à un kiné incapable d'exercer son métier mais considéré comme « capable d'occuper un emploi ». |
| Faut-il prendre une rente de conjoint et d'éducation ? | Si vous avez un conjoint sans revenu propre ou des enfants à charge, oui sans hésitation. La rente d'éducation prend le relais d'une rente classique pour assurer la scolarité jusqu'à 25 ans environ. C'est l'une des garanties les plus utiles pour un foyer mono-revenu ou avec enfants jeunes. |
Comment nous travaillons avec vous
Premier rendez-vous d'orientation, en visio ou à Bordeaux, sans engagement. Vous nous transmettez vos contrats actuels (prévoyance, mutuelle, PER, assurance-vie) ainsi que votre dernier avis d'imposition et un détail de votre revenu professionnel. Nous lisons chaque contrat ligne par ligne, nous identifions les écarts, et nous vous remettons un audit écrit qui hiérarchise les corrections par ordre d'urgence. Si une mission est pertinente, nous mettons en place les nouveaux contrats en architecture ouverte et coordonnons avec votre expert-comptable le cas échéant. Suivi annuel inclus.